L'expert comptable et le créateur d'entreprise

Depuis la modification en 2004 de l’ordonnance du 19 septembre 1945, l’expert-comptable est habilité à accompagner le créateur d’entreprise dans le cadre d’une mission à titre principal.

 

Cette mission est source d’opportunités, en termes de développement de la clientèle et du réseau relationnel du professionnel notamment, pour peu que la problématique liée à cette prestation soit identifiée et maîtrisée.

 

L’étude de l’univers de la création d’entreprise aide à en comprendre les enjeux ; pouvoirs publics, entrepreneurs, experts-comptables et autres parties prenantes sont liés par un intérêt commun : concentrer leur investissement en faveur des seuls projets viables.

 

L’enjeu de la démarche et de l’outil de diagnostic est d’analyser les chances de réussite d’un projet, préalablement à l’investissement. Les facteurs clés de succès sont, semble-t-il, étroitement liés aux caractéristiques propres du créateur. S’est-il donné le temps et les moyens avant le passage à l’acte, de devenir un entrepreneur accompli, doté des capacités, de la culture, des connaissances requises ?

 

Les théories en entrepreneuriat trouvent leur origine dans le cadre plus vaste des théories des organisations. Les chercheurs étudient, analysent, modélisent le processus par lequel un individu devient entrepreneur et crée une entreprise. En permettant une meilleure compréhension de ce cheminement, les théories représentent un apport important pour le professionnel engagé dans une démarche de diagnostic.

 

Les théories s’appliquent pleinement aux cas de création, considérés comme « l’acte entrepreneurial par excellence ». Elles impliquent un regard nouveau sur les projets étudiés, considérant que le futur prévisible d’une entreprise dépend fortement des aptitudes de son initiateur, qu’il est possible et souhaitable d’analyser. L’étude du concept temporel de processus entrepreneurial, la notion de profil de l’entrepreneur à un instant déterminé, sont la source de nombreux facteurs clés de succès d’un projet.

 

Les critères à analyser dans le cadre du diagnostic sont nombreux. Un regroupement est possible par familles, chacune correspondant à un aspect du projet à analyser, à savoir :

- le potentiel entrepreneurial ;
- l’acquisition de compétences par le créateur ;
- son capital relationnel ;
- la mise en oeuvre des moyens humains, techniques et financiers requis ;
- le paradigme entrepreneurial du créateur et la stratégie envisagée ;
- l’environnement, dans tous ses aspects ;
- le projet en soi ;
- le déroulement du processus entrepreneurial ;
- le prévisionnel, élément de cohérence et de coordination du projet.

 

A ce stade, l’expert-comptable peut juger de l’opportunité d’accompagner ou non le créateur, et prendre une décision quant à la réponse à apporter à sa sollicitation.

 

Se pose enfin la question de l’exploitation de l’outil proposé. Au plan stratégique, le professionnel est en mesure d’apprécier le risque à assumer en cas d’accompagnement, et d’opter entre trois attitudes : encourager le créateur, le dissuader, l’orienter vers un plan d’acquisition de compétences complémentaires avant la passage à l’acte.

 

La démarche mise en oeuvre contribue également à valoriser commercialement la prestation d’accompagnement. L’instauration d’une relation de confiance, la compréhension par le client du processus dans lequel il est engagé, la proposition sécurisante d’une formation complémentaire le cas échéant, permettent d’accroître la valeur ajoutée perçue.

 

Techniquement, l’expert-comptable peut tirer parti des travaux de diagnostic en les utilisant pour élaborer le prévisionnel, et plus généralement pour valoriser la prestation d’accompagnement.

 

 

ABREVIATIONS DE LA CREATION D'ENTREPRISE

 

A.D.I.E. Association pour le droit à l’initiative économique

A.N.V.A.R. Agence nationale pour la valorisation de la recherche

A.P.C.E. Agence pour la création d’entreprise

B.D.P.M.E. Banque de développement des petites et moyennes entreprises

E.B.A.N. European business angels network

F.M.I. Fonds monétaire international

I.N.S.E.E. Institut national de la statistique et des études économiques

P.M.E. Petites et moyennes entreprises (de 10 à 499 salariés)

S.E. Société européenne

S.I.N.E. Système d’information sur les nouvelles entreprises

S.I.R.E.N.E. Système informatique pour le répertoire des entreprises et de leurs établissements

T.P.E. Très petites entreprises (moins de 10 salariés)

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